La semaine où le Cameroun est devenu un État de droit !

Publié le par Pat Rifoe

 

La question de savoir si le Cameroun est un État de droit revient sur les devants de la scène médiatique et au sein des sphères intellectuelles de manière cyclique. Nous ne reviendrons pas ici sur une définition de ce qu'est un État de droit. Travail définitoire sans intérêt pour la présente entreprise,mais nous allons montrer et c'est là notre hypothèse que l'actualité de cette semaine marquée par les suites de la rencontre Cameroun-Sénégal autour du stade Ahmadou Ahidjo et dans la presse,la raclée infligée par les braves pandores de la garde présidentielle aux populations d'Obala sont un marqueur et un indicateur de l'entrée de notre beau et cher pays dans le club très fermé des États de droit. Avis à ceux qui en doutaient encore,le Cameroun y est enfin !!! Personne ne rechignera plus à nous délivrer notre brevet d’État de droit. Nous le méritons,et nous ferons tout pour conserver ce précieux sésame conquis avec force matraquage,tabassage,meurtre jusqu'à la prochaine élection présidentielle.

Que s'est-il passé autour du stade Omnisports et dans les médias ?

A la suite de match nul concédé par cet instrument d'action publique que sont devenus les Lions indomptables,une foule de jeunes surexcités envahit l'esplanade avec la ferme intention d'en découdre avec cette équipe qui vient de leur filer un mauvais hashish. Très vite,les forces de maintien de l'ordre sont envoyées pour rétablir « l'ordre et la sécurité » par tous les moyens. Le bilan de ces affrontements reste à établir,entre les 4 morts de Mutations,et la mort du seul Youmbi Serge du quotidien Le jour chacun peut se faire son idée sur la question.

Les médias se font l'écho de cette soirée macabre à la suite de quoi deux journalistes sont limogés par la chaîne Canal2 international. Il leur est reproché pour l'un d'avoir manqué au devoir de patriotisme en prétendant que le pénalty accordé aux Lions l'avait été fort généreusement,et à l'autre d'avoir incriminé les forces de l'ordre dans la mort de Serge Youmbi.Il eut fallu que notre journaliste eut en sa possession «  les douilles » pour prétendre que ce décès soit survenu à la suite d'un tir des forces de l'ordre.

A Obala nous rapporte-t-on,nos gros bras de la garde présidentielle ont cru bon répondre « à une insolence » d'un moto taximen par une baston généralisée, qui comme souvent dans ces cas de figure ne fait pas de détail.

A la lumière de ces deux faits,lorsqu'on postule comme je me hasarde à le faire que le Cameroun est un État de droit,à quoi cela renvoie-t-il ?

Dans un État de droit,les forces de l'ordre,qu'il s'agisse de la police,de la gendarmerie et aussi de l'armée ont tous les droits et ne sont soumises à aucun contrôle. Elles peuvent tabasser des populations sans défense comme à Obala pour corriger une insolence,tirer à balles réelles sur des gens qui sont responsables de troubles à l'ordre public,aucune suite ne sera donnée à ces excès. Étant des organes punitifs,elles ne peuvent être condamnées pour avoir ôté la vie au jeune Youmbi.

Qui saura jamais dans quelles circonstances le jeune Youmbi a trouvé la mort ?Qui aura l'outrecuidance d'enquêter sur les exactions répétées dont sont victimes les populations d'Obala de la part de la garde présidentielle.

Le droit en la matière consiste à panser ses plaies,pleurer ses morts,et les enterrer en remerciant l’État de droit qui nous accorde l'insigne honneur de nous éplorer,estropier,éborgner. C'est pas Nyemb Popoli qui me démentira. Oui,c'est bien cela l’État de droit. Mais,le tableau ne serait pas complet,si le rapports aux médias qui est le rapport à la société dans ce devoir d'accountability était ignoré.

Lorsqu'il y a des morts,il faut avoir la sagesse d'en parler dans la presse,à la radio,mais surtout pas à la télévision. Et si on a la hardiesse de pousser le vice jusqu'à poser comme hypothèse que la mort est imputable aux forces de maintien de l'ordre,alors,on perd son boulot. Soit dit en passant, Emmanuel Chatué,ci-devant directeur général de la chaîne de télévision Canal2 international avait le choix entre limoger ses journalistes et donner des gages d'allégeance au régime en place,ou alors tenir et soutenir ses journalistes quitte à ce qu'une enquête contradictoire dédouane les forces de l'ordre de ce qui est arrivé. Sa chaîne eut été suspendue dans cette hypothèse.

C'est bien cela un État de droit,ne rien affirmer qui puisse mettre dans l'embarras nos forces de maintien de l'ordre ou le régime gouvernant. Traiter l'information signifie alors faire lire ses papiers par le ministre de la communication qui fait la police de la pensée.

Avis aux médias zélés qui se risqueront à publier durant la prochaine présidentielle la moindre tendance non conforme à celle que le pouvoir souhaite voir relayer. Au mieux,le journaliste impertinent sera limogé,au pire ledit média devra fermer ses antennes avec en plus un saccage en ordre de son matériel,un tabassage en règle du personnel pour cette forfaiture.

Très chères populations,quand on a la chance et la grâce de vivre comme c'est votre cas dans un État de droit,on doit savoir quelques principes qui nous permettent d'éviter de passer pour des fauteurs de troubles.

  • Si jamais un pandore vous crache dessus,demander lui en sus de vous enduire de ses fientes.

  • S'il convoite votre épouse, donnez lui votre lit. Ça lui évitera de dépenser inutilement en auberge.

  • S'il tire sur votre fils,remercier Dieu qui vous ôte par cette occasion ce poste de dépense qui jamais n'aurait trouvé du boulot.

Si vous respectez ces quelques principes,alors quand ils sauteront sur vous,ils se contenteront de marcher sur vos cuisses et mollets,en épargnant vos crânes.

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Publié dans Penser le Cameroun

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M
<br /> <br />    Dans ces affaires,ce qui m'interesse,c'est la réplique de notre gouverne-ment! Cet article me fait juste constater que le Cameroun se fragilise or l'armée se renforce.Le système est<br /> repressif et il gagnerait à ne pas changer.Car imaginez le scénario....Manifestations après manifestations,les élections arrivent!<br /> <br /> <br />   Nous sommes un drole de pays.On parle de liberté de presse.Au diable tous journaleux égo-centriques!Un de leur siens meurent,quelques soient le criminel,et ils sont aussi<br /> nonchanlant.? Tout cas,ils ne peuvent rien,ils sont les pieds et les poings liés.C'est ce qui arrive qu'on accepte les pots de vin..on perd sa langue! Nous sommes dans une situation de<br /> putréfaction généralisée...les intellectuels ne ns rassurent plus et les journalistes snt clochardisés et dorment sous le trottoir!<br /> <br /> <br /> <br />
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